{"id":4013,"date":"2024-08-21T16:50:31","date_gmt":"2024-08-21T15:50:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/?p=4013"},"modified":"2024-08-21T16:50:32","modified_gmt":"2024-08-21T15:50:32","slug":"franciszek-honiok-le-sacrifice-humain-qui-a-declenche-la-seconde-guerre-mondiale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/franciszek-honiok-le-sacrifice-humain-qui-a-declenche-la-seconde-guerre-mondiale\/","title":{"rendered":"Franciszek Honiok : Le Sacrifice Humain Qui a D\u00e9clench\u00e9 la Seconde Guerre Mondiale"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi du 31 ao\u00fbt 1939, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re polonaise dans la ville allemande de Gleiwitz, l&rsquo;SS-Sturmbannf\u00fchrer Alfred Naujocks attendait nerveusement dans une chambre d&rsquo;h\u00f4tel avec une \u00e9quipe de sept hommes de la SS. Ils \u00e9taient arriv\u00e9s en ville deux jours plus t\u00f4t et, se faisant passer pour des ing\u00e9nieurs miniers, avaient reconnoitre leur cible. Maintenant, ils attendaient le signal de d\u00e9part. Leur t\u00e2che \u00e9tait de mettre en sc\u00e8ne une attaque pour donner \u00e0 Hitler l&rsquo;excuse qu&rsquo;il voulait pour d\u00e9clarer la guerre \u00e0 la Pologne. Ils allaient d\u00e9clencher la Seconde Guerre mondiale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Naujocks, \u00e2g\u00e9 de 27 ans et originaire de Kiel, sur la c\u00f4te baltique allemande, avait \u00e9t\u00e9 un converti pr\u00e9coce au nazisme. Rejoint la SS en 1931, il avait bri\u00e8vement fr\u00e9quent\u00e9 l&rsquo;universit\u00e9 o\u00f9 il avait d\u00e9velopp\u00e9 un talent pour les bagarres et s&rsquo;\u00e9tait fait \u00e9craser le nez par un Communiste arm\u00e9 d&rsquo;une barre de fer. D\u00e9crit par un contemporain comme un \u00ab\u00a0gangster intellectuel\u00a0\u00bb, Naujocks avait rapidement gravi les \u00e9chelons au sein de la SS, sous le patronage de Reinhard Heydrich, chef du r\u00e9seau de police allemande et du service de s\u00e9curit\u00e9 de la SS, le Sicherheitsdienst ou SD. Dans ce r\u00f4le, Naujocks avait assassin\u00e9 un dissident nazi \u00e0 Prague en 1935 et aid\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir un bordel de luxe notoire \u00e0 Berlin, le Salon Kitty, fr\u00e9quent\u00e9 par des VIP visitants qui pouvaient alors \u00eatre facilement extorqu\u00e9s ; les chambres \u00e9taient mises sur \u00e9coute et la \u00ab\u00a0ma\u00eetresse\u00a0\u00bb \u00e9tait une agente de la SS.<\/p>\n\n\n\n<p>Ayant prouv\u00e9 pleinement sa valeur \u00e0 Heydrich, Naujocks \u00e9tait l&rsquo;agent de choix du chef du SD pour diriger la mission \u00e0 Gleiwitz. Et c&rsquo;\u00e9tait la voix nasillarde et aigu\u00eb d&rsquo;Heydrich au t\u00e9l\u00e9phone depuis Berlin qui lui avait donn\u00e9 les mots de code pour commencer : \u00ab\u00a0Grossmutter gestorben\u00a0\u00bb (La grand-m\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e). Sur ce, Naujocks rassembla ses hommes pour un dernier briefing, r\u00e9p\u00e9tant leurs t\u00e2ches et objectifs respectifs. La mission \u00e9tait lanc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>LES TENSIONS ENTRE l&rsquo;Allemagne et la Pologne, qui avaient dur\u00e9 environ deux d\u00e9cennies, avaient mont\u00e9 en fl\u00e8che au cours des mois pr\u00e9c\u00e9dents. La raison apparente du conflit \u00e9tait les pertes territoriales allemandes au profit de la Pologne apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, telles que dict\u00e9es par le trait\u00e9 de Versailles : principalement une bande de ce qui avait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;Allemagne orientale \u00e0 la fronti\u00e8re polonaise, comprenant des parties de Haute-Sil\u00e9sie et les provinces de Prusse-Occidentale et Posnanie. Ces pertes, qui s&rsquo;\u00e9levaient \u00e0 plus de 25 000 milles carr\u00e9s (environ la taille de la Virginie-Occidentale), contenaient non seulement plus de cinq millions de personnes, y compris une importante minorit\u00e9 allemande, mais coupaient le territoire allemand de Prusse-Orientale du reste de l&rsquo;Allemagne en cr\u00e9ant le soi-disant \u00ab\u00a0corridor polonais\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La col\u00e8re d&rsquo;Hitler \u2014 attis\u00e9e par ses pr\u00e9jug\u00e9s raciaux et la conviction que le destin national de l&rsquo;Allemagne r\u00e9sidait dans l&rsquo;expansion vers l&rsquo;est \u2014 allait au-del\u00e0 des pertes territoriales. De plus en plus impr\u00e9gn\u00e9 par ses menaces de guerre, d\u00e9sireux de capitaliser sur ce qu&rsquo;il voyait comme une faiblesse occidentale, et impatient pour une guerre qu&rsquo;il pensait d\u00e9finirait et son Troisi\u00e8me Reich, Hitler commen\u00e7a \u00e0 cibler la Pologne, intensifiant la rh\u00e9torique et se plaignant continuellement de la perfidie polonaise.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1939, m\u00eame si les Polonais avaient propos\u00e9 des concessions territoriales \u2014 ce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas fait \u2014 cela n&rsquo;aurait pas suffi. Hitler voulait sa guerre. Mais il faisait face \u00e0 un probl\u00e8me double. D&rsquo;une part, la Pologne avait des alli\u00e9s chez les Britanniques et les Fran\u00e7ais, qui avaient promis de soutenir cette nation face \u00e0 l&rsquo;agression \u00e9trang\u00e8re. D&rsquo;autre part, bien que la grande majorit\u00e9 du peuple allemand soutenait Hitler de tout c\u0153ur, ils n&rsquo;avaient pas le courage pour une autre guerre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Hitler devait donc d\u00e9guiser ses intentions belliqueuses pour qu&rsquo;elles apparaissent comme d\u00e9fensives \u2014 montrer la Pologne comme l&rsquo;agresseur. De cette mani\u00e8re, il raisonnait, le peuple allemand pourrait \u00eatre convaincu de soutenir la guerre, et la Pologne pourrait m\u00eame perdre le soutien de ses alli\u00e9s internationaux. Hitler r\u00e9suma son attitude dans un discours \u00e0 ses commandants militaires sup\u00e9rieurs lors de son retraite alpine au-dessus de Berchtesgaden le 22 ao\u00fbt 1939. \u00ab\u00a0La destruction de la Pologne a priorit\u00e9\u00a0\u00bb, d\u00e9clara-t-il, ajoutant : \u00ab\u00a0Je donnerai une raison propagandiste pour commencer la guerre, peu importe si elle est plausible ou non. Le vainqueur ne sera pas interrog\u00e9 apr\u00e8s s&rsquo;il a dit la v\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"512\" height=\"364\" src=\"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/hitlerwolf.jpg\" alt=\"Franciszek Honiok : Le Sacrifice Humain Qui a D\u00e9clench\u00e9 la Seconde Guerre Mondiale\" class=\"wp-image-4014\" srcset=\"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/hitlerwolf.jpg 512w, https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/hitlerwolf-300x213.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Tout au long de cet \u00e9t\u00e9, le monde avait vu une grande partie de l&rsquo;offensive propagandiste d&rsquo;Hitler. Tandis qu&rsquo;il se d\u00e9cha\u00eenait publiquement contre l&rsquo;intransigeance polonaise et les injustices des pertes territoriales post-guerre de l&rsquo;Allemagne, ses lieutenants \u0153uvraient discr\u00e8tement pour pousser les relations \u00e0 un point de rupture et pr\u00e9senter la Pologne comme l&rsquo;instigateur. \u00c0 cette fin, Heydrich avait \u00e9limin\u00e9 tous les \u00ab\u00a0\u00e9l\u00e9ments politiquement peu fiables\u00a0\u00bb de la zone le long de la fronti\u00e8re polonaise. Dans cette zone, des propri\u00e9t\u00e9s isol\u00e9es, des granges et des exploitations agricoles \u00e9taient cibl\u00e9es par des attaques incendiaires pour propager la fiction dans la presse allemande selon laquelle des insurg\u00e9s polonais \u00e9taient responsables. Tout au long de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1939, les journaux allemands publiaient d&rsquo;innombrables rapports sensationnalistes sur ce qu&rsquo;ils appelaient le \u00ab\u00a0terrorisme polonais\u00a0\u00bb, se plaignant des \u00ab\u00a0bandits polonais\u00a0\u00bb, de la \u00ab\u00a0nervosit\u00e9 croissante\u00a0\u00bb et des \u00ab\u00a0souffrances effroyables\u00a0\u00bb de la minorit\u00e9 allemande. \u00c0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, les rapports de journaux affirmaient que les Polonais avaient tu\u00e9 environ 66 Allemands.<\/p>\n\n\n\n<p>Tandis que les m\u00e9dias allemands s&rsquo;affairaient \u00e0 diffamer leurs voisins de l&rsquo;est, la SS avait \u00e9tabli un centre de formation \u00e0 Bernau, au nord de Berlin. L\u00e0, plus de 300 volontaires \u2014 principalement de la province allemande de Haute-Sil\u00e9sie, une r\u00e9gion tr\u00e8s contest\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re polonaise comprenant Gleiwitz et qui fait aujourd&rsquo;hui partie du sud-ouest de la Pologne et de la R\u00e9publique tch\u00e8que \u2014 se pr\u00e9paraient \u00e0 des op\u00e9rations d&rsquo;infiltration et de sabotage contre la Pologne, s&rsquo;entra\u00eenant avec des armes et des uniformes polonais, et perfectionnant leur ma\u00eetrise de la langue polonaise. \u00c0 la fin ao\u00fbt, ces agents \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 agir.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils seraient d\u00e9ploy\u00e9s dans la nuit du 31 ao\u00fbt dans trois raids mis en sc\u00e8ne, tous en Haute-Sil\u00e9sie. En plus de l&rsquo;attaque de Gleiwitz, il y aurait un raid sur une hutte isol\u00e9e pour les ouvriers forestiers et sur un poste de douane allemand dans le district de Hochlinden, o\u00f9, en brisant des fen\u00eatres, en tirant en l&rsquo;air et en chantant et jurant en polonais approximatif, les hommes de la SS \u00e9taient cens\u00e9s simuler des incursions frontali\u00e8res par les forces polonaises. Si ce n&rsquo;\u00e9tait les corps de six d\u00e9tenus de camps de concentration \u2014 donn\u00e9s le nom m\u00e9prisant de \u00ab\u00a0Konserven\u00a0\u00bb (conserves), v\u00eatus d&rsquo;uniformes polonais, puis abattus et laiss\u00e9s au poste de douane pour ajouter de l&rsquo;authenticit\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne \u2014 cela aurait presque \u00e9t\u00e9 comique.<\/p>\n\n\n\n<p>PARMI CETTE PR\u00c9TENSE MEURTRI\u00c8RE, l&rsquo;action \u00e0 Gleiwitz rev\u00eatait une signification particuli\u00e8re. Par accident ou par dessein, c&rsquo;\u00e9tait seulement l\u00e0 que les attaquants \u00e9taient tenus de donner voix \u00e0 leur \u00ab\u00a0mission\u00a0\u00bb et de diffuser leurs intentions au monde. \u00c0 cette fin, Naujocks croyait avoir d\u00e9velopp\u00e9 le plan parfait. Lors de ses reconnaissances pr\u00e9c\u00e9dentes, il avait identifi\u00e9 la station de transmission radio de Gleiwitz, avec sa tour en bois de 380 pieds, comme une cible id\u00e9ale. Il estimait que lui et ses hommes pouvaient facilement prendre le contr\u00f4le du site, enfermer le personnel de la station, tirer quelques balles dans le plafond, et diffuser un message incendiaire en polonais sur les ondes avant de fuir dans l&rsquo;obscurit\u00e9. Il avait conclu que 20 heures seraient le meilleur moment pour l&rsquo;assaut : le cr\u00e9puscule fournirait une couverture, et la plupart des gens seraient alors chez eux, \u00e9coutant leurs radios.<\/p>\n\n\n\n<p>Initialement, le plan de Naujocks pour Gleiwitz devait se d\u00e9rouler sans effusion de sang. Mais ses sup\u00e9rieurs avaient d\u00e9cid\u00e9 que pour rendre la propagande encore plus efficace, l&rsquo;attaque n\u00e9cessitait une pi\u00e8ce de preuve d\u00e9cisive. Heinrich M\u00fcller \u2014 chef de la Gestapo \u2014 informa Naujocks qu&rsquo;un Polonais serait fourni, dont le corps ensanglant\u00e9 devait \u00eatre laiss\u00e9 \u00e0 la station de radio comme preuve irr\u00e9futable de la responsabilit\u00e9 polonaise de l&rsquo;attaque. Pour cette raison, il n&rsquo;\u00e9tait pas suffisant d&rsquo;utiliser un des Konserven \u2014 les d\u00e9tenus de camps utilis\u00e9s \u00e0 Hochlinden ; il devait s&rsquo;agir d&rsquo;un Polonais ethnique avec un pass\u00e9 connu d&rsquo;agitation anti-allemande. Cet homme \u00e9tait Franciszek Honiok.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"640\" src=\"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/newheader.jpg\" alt=\"Franciszek Honiok : Le Sacrifice Humain Qui a D\u00e9clench\u00e9 la Seconde Guerre Mondiale\" class=\"wp-image-4015\" srcset=\"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/newheader.jpg 960w, https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/newheader-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/newheader-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ceux qui ont vu Honiok pendant l&rsquo;op\u00e9ration le d\u00e9crivaient comme presque enti\u00e8rement insignifiant. Mesurant un m\u00e8tre cinquante-sept, le fermier de 43 ans \u00e9tait plus court que la moyenne, et ses cheveux blond fonc\u00e9 commen\u00e7aient \u00e0 se d\u00e9garnir au niveau des tempes. Mais il \u00e9tait par ailleurs tr\u00e8s ordinaire, portant un costume gris froiss\u00e9 et ayant un air l\u00e9g\u00e8rement n\u00e9glig\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Honiok avait probablement \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 pour son r\u00f4le sinistre \u00e0 partir d&rsquo;un dossier au quartier g\u00e9n\u00e9ral de la Gestapo, \u00e9loign\u00e9 sur la Prinz-Albrecht-Strasse \u00e0 Berlin. Si quelque chose, il \u00e9tait plut\u00f4t trop bien qualifi\u00e9. N\u00e9 en Haute-Sil\u00e9sie en 1896, il avait combattu du c\u00f4t\u00e9 polonais lors des soul\u00e8vements sil\u00e9siens qui suivirent la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Apr\u00e8s un bref s\u00e9jour en Pologne, il retourna en Allemagne en 1925, o\u00f9 il fut contraint de lutter contre son expulsion vers la Pologne, une affaire qu&rsquo;il poursuivit avec succ\u00e8s jusqu&rsquo;\u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations \u00e0 Gen\u00e8ve. Bien que ses jours de radicalisme aient peut-\u00eatre pris fin en 1939, Honiok \u00e9tait encore bien connu dans son village natal allemand de Hohenlieben, \u00e0 environ 16 kilom\u00e8tres au nord de Gleiwitz, comme un fervent d\u00e9fenseur de la cause polonaise.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que les agents de la Gestapo l\u2019emmenaient de l\u00e0 dans l\u2019apr\u00e8s-midi du 30 ao\u00fbt 1939, Honiok n\u2019avait gu\u00e8re id\u00e9e de ce qui l\u2019attendait. Ils l\u2019emmen\u00e8rent d\u2019abord vers l\u2019est jusqu\u2019aux casernes de la police dans la vieille ville de Beuthen, o\u00f9 il re\u00e7ut de la nourriture et de l\u2019eau, puis au quartier g\u00e9n\u00e9ral de la Gestapo dans la ville voisine d\u2019Oppeln, o\u00f9 il passa une nuit inconfortable enferm\u00e9 dans une salle de dossiers. Tout au long de ce p\u00e9riple, ses ravisseurs not\u00e8rent qu\u2019il \u00e9tait \u201capathique, la t\u00eate constamment baiss\u00e9e\u201d. Il ne parlait jamais, et personne ne lui parlait, sauf pour quelques mots d&rsquo;instruction de son escorte de la Gestapo. De plus, malgr\u00e9 la mania allemande pour la paperasse, il n\u2019\u00e9tait enregistr\u00e9 dans aucun des lieux par lesquels il passait ; il semblait qu&rsquo;ils voulaient qu\u2019il reste introuvable. Le lendemain matin, le 31 ao\u00fbt, ses ravisseurs l\u2019amen\u00e8rent au poste de police de Gleiwitz et le plac\u00e8rent en isolement\u2014encore une fois sans enregistrement. Ce serait le dernier jour de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers la ville ce soir-l\u00e0, Alfred Naujocks et ses hommes, v\u00eatus de v\u00eatements civils pour ressembler \u00e0 des insurg\u00e9s polonais, mont\u00e8rent dans deux voitures pour le court trajet vers la station de transmetteur. Arriv\u00e9s pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 20 heures comme pr\u00e9vu, et avec la nuit tombante, ils se pr\u00e9cipit\u00e8rent dans le b\u00e2timent. Poussant le directeur de la station, qui s\u2019\u00e9tait lev\u00e9 pour les accueillir, les agents des SS ma\u00eetris\u00e8rent le personnel et les emmen\u00e8rent au sous-sol, o\u00f9 ils furent contraints de se tourner vers le mur et leurs mains furent attach\u00e9es derri\u00e8re leur dos. Pendant ce temps, Naujocks et un technicien radio de son \u00e9quipe tent\u00e8rent de pr\u00e9parer leur diffusion incendiaire.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;un des probl\u00e8mes que Naujocks devait r\u00e9soudre dans sa planification \u00e9tait de s&rsquo;assurer que la proclamation serait entendue. Il avait envisag\u00e9 de viser la station de radio principale de Gleiwitz\u2014une installation beaucoup plus grande o\u00f9 se trouvaient les studios, plus pr\u00e8s du centre-ville\u2014mais avait d\u00e9cid\u00e9 contre cela. La station plus grande aurait pr\u00e9sent\u00e9 un d\u00e9fi logistique accru, et il y avait la probabilit\u00e9 que la station de transmetteur surveille ses \u00e9missions et les interrompe. Il d\u00e9cida donc plut\u00f4t d\u2019attaquer la station de transmetteur elle-m\u00eame, ce qui r\u00e9duisait consid\u00e9rablement la possibilit\u00e9 que la diffusion soit interrompue.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, la station de transmetteur n\u2019avait qu\u2019un \u201cmicrophone d\u2019alerte\u201d, utilis\u00e9 pour interrompre la programmation locale pour avertir des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames. Le technicien de Naujocks trouva le microphone dans un placard mais ne parvint pas \u00e0 le connecter, alors Naujocks for\u00e7a le personnel de la station \u00e0 quitter le sous-sol sous la menace d\u2019une arme, un par un, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un d\u2019eux\u2014un technicien nomm\u00e9 Nawroth\u2014connecte avec succ\u00e8s l\u2019appareil. Avec cela, le seul locuteur polonais fluide du groupe, Karl Hornack, sortit une feuille froiss\u00e9e de sa poche et s\u2019avan\u00e7a. Alors que quelqu\u2019un tirait un coup de pistolet en l\u2019air pour cr\u00e9er une atmosph\u00e8re martialement appropri\u00e9e, il lut :<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cUWAGA! TU GLIWICE! ROZG\u0141O\u015aNIA ZNADUJE SI\u0118 W POLSKICH R\u0118KACH!\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>(\u201cAttention ! Ici Gleiwitz ! La station de radio est entre les mains polonaises !\u201d)<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui suivait devait \u00eatre un appel aux armes du fictif \u201cComit\u00e9 pour la Libert\u00e9 Polonaise\u201d, demandant \u00e0 la population polonaise en Allemagne de se soulever contre les autorit\u00e9s allemandes et de mener des op\u00e9rations de sabotage, promettant que l\u2019arm\u00e9e polonaise marcherait bient\u00f4t en lib\u00e9ratrice. Mais pour des raisons qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 satisfaisantes expliqu\u00e9es, seuls les neuf premiers mots furent diffus\u00e9s\u2014et ceux-ci uniquement dans le district de Gleiwitz lui-m\u00eame. Le reste se perdit dans une cacophonie de statique. Heydrich, \u00e9coutant avec impatience \u00e0 Berlin, n\u2019entendit rien du tout.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant que Naujocks s\u2019affairait \u00e0 la diffusion, les agents des SS livr\u00e8rent un Franciszek Honiok inconscient au b\u00e2timent. Peu avant 20 heures, un homme des SS en manteau blanc, pr\u00e9tendant \u00eatre un m\u00e9decin, avait rendu visite \u00e0 Honiok dans sa cellule au poste de police de Gleiwitz et lui avait donn\u00e9 une injection. Honiok fut ensuite conduit \u00e0 la station de transmetteur, o\u00f9 deux des hommes de Naujocks le transport\u00e8rent dans le b\u00e2timent et le d\u00e9pos\u00e8rent pr\u00e8s de la porte arri\u00e8re. \u00c0 un moment donn\u00e9\u2014il n\u2019est pas clair quand\u2014quelqu\u2019un lui tira dessus. Alors que Naujocks quittait la station de radio, il s\u2019arr\u00eata bri\u00e8vement pour examiner le d\u00e9sormais mort Honiok, son visage couvert de son propre sang. Naujocks affirmerait plus tard qu\u2019aucun lui ni ses hommes ne l\u2019avaient abattu. Il ne savait rien sur l\u2019homme, dirait-il aux procureurs, m\u00eame pas son nom : \u201cJe n\u2019\u00e9tais pas responsable de lui,\u201d dit-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Franciszek Honiok \u00e9tait jetable. Il \u00e9tait simplement un cadavre\u2014un t\u00e9moin silencieux ensanglant\u00e9 \u00e0 exhiber devant la presse allemande et internationale comme preuve de \u201cl\u2019agression polonaise\u201d. Son meurtre d\u00e9montrait pleinement la brutalit\u00e9 m\u00e9prisante et contemptrice du r\u00e9gime nazi, et \u00e9tait un sinistre avant-go\u00fbt du destin qui attendrait la Pologne. Mais son importance \u00e9tait encore plus profonde que cela. C\u2019\u00e9tait une seule mort qui pr\u00e9c\u00e9dait au moins 50 millions d\u2019autres : une trag\u00e9die individuelle annon\u00e7ant un massacre collectif.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019importait pas que la ruse \u00e0 laquelle le corps de Honiok avait donn\u00e9 une cr\u00e9dibilit\u00e9 trompeuse\u2014la diffusion radio de Naujocks\u2014ait \u00e9chou\u00e9 ; les m\u00e9dias allemands \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pr\u00eats \u00e0 diffuser l\u2019histoire quoi qu\u2019il arrive. En quelques heures, les radios \u00e9mettaient et les presses \u00e0 journaux tournaient, produisant des gros titres sur l\u2019\u201cattaque\u201d polonaise et l\u2019in\u00e9vitabilit\u00e9 de la \u201cr\u00e9action\u201d allemande. Lorsque la plupart des Allemands lisaient ces mots le matin suivant, les chars de Hitler avan\u00e7aient d\u00e9j\u00e0 en Pologne. La Seconde Guerre mondiale avait commenc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>MAIS QU\u2019EN EST-IL D\u2019ALFRED NAUJOCKS ? Comment sa guerre se d\u00e9roula-t-elle ? \u00c0 premi\u00e8re vue, il poursuivit une carri\u00e8re de guerre impressionnante. En tant que bras droit de Heydrich, Naujocks sembla mener une existence de type James Bond, participant \u00e0 et dirigeant certaines op\u00e9rations clandestines efficaces. Il con\u00e7ut l&rsquo;enl\u00e8vement de deux agents secrets britanniques en Hollande neutre en novembre 1939\u2014l\u2019incident de Venlo\u2014qui compromettrait l\u2019ensemble du r\u00e9seau d\u2019espionnage de l\u2019MI6 britannique en Europe de l\u2019Ouest. Il dirigea \u00e9galement une r\u00e9pression brutale de la R\u00e9sistance danoise en 1943, et fut l\u2019un des cerveaux derri\u00e8re l\u2019Op\u00e9ration Bernhard, un plan allemand ing\u00e9nieux pour contrefaire d&rsquo;\u00e9normes quantit\u00e9s de billets de banque Sterling, qui devaient \u00eatre largu\u00e9s sur le Royaume-Uni pour faire effondrer l\u2019\u00e9conomie britannique. Bien que Naujocks n\u2019ait pas vu le projet aboutir, et que le largage a\u00e9rien n\u2019ait jamais eu lieu, l\u2019op\u00e9ration produisit environ 150 millions de livres en billets contrefaits (195,525,000 dollars \u00e0 l\u2019\u00e9poque, ou pr\u00e8s de 3 milliards de dollars aujourd\u2019hui)\u2014certains des meilleurs faux que la Banque d\u2019Angleterre ait jamais vus.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, la carri\u00e8re \u00e9clatante de Naujocks n\u2019\u00e9tait pas aussi brillante qu\u2019il n\u2019y paraissait. La vie en tant que chouchou de Heydrich n\u2019\u00e9tait visiblement pas un long fleuve tranquille. Son ma\u00eetre \u00e9tait exigeant et vindicatif, et\u2014probablement en raison du poids des connaissances compromettantes\u2014ne permettait pas \u00e0 ses agents de quitter son service facilement. Naujocks affirmerait plus tard que sa relation avec Heydrich \u00e9tait tr\u00e8s toxique, marqu\u00e9e par une s\u00e9rie de conflits acrimonieux. Naujocks h\u00e9sita \u00e0 certains des mandats plus extr\u00eames et pr\u00e9tendit avoir refus\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuter un assassinat tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9. En cons\u00e9quence, Heydrich le traita de l\u00e2che et le r\u00e9primanda. Pourtant, lorsque Naujocks r\u00e9solut de quitter le SD en 1940, Heydrich veto cinq demandes de transfert. En 1941, Naujocks fut accus\u00e9 de corruption, d\u00e9chu de son grade et envoy\u00e9 sur le front de l\u2019Est en tant que simple soldat dans les rangs de la Waffen-SS. Il n\u2019avait aucun doute qu\u2019Heydrich essayait de le faire tuer.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019assassinat de Heydrich \u00e0 Prague par des agents tch\u00e8ques form\u00e9s par les Britanniques en juin 1942, Naujocks affirma qu\u2019il pouvait enfin \u201crespirer \u00e0 nouveau\u201d. Il prit un poste de bureau dans l\u2019administration allemande \u00e0 Bruxelles, en Belgique occup\u00e9e, et s\u2019installa dans une routine confortable, profitant des avantages d\u2019un officier allemand. Gr\u00e2ce sans doute \u00e0 sa r\u00e9putation, d\u2019anciens associ\u00e9s du SD continu\u00e8rent \u00e0 l\u2019approcher avec des missions secr\u00e8tes, mais il d\u00e9clinait g\u00e9n\u00e9ralement, invoquant des probl\u00e8mes de sant\u00e9 et citant les blessures par \u00e9clats d\u2019obus qu\u2019il avait subies sur le front de l\u2019Est.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, \u00e0 l\u2019automne 1944, Naujocks fit d\u00e9fection. Se rendant aux troupes am\u00e9ricaines en approche en Belgique, sur la ligne de front pr\u00e8s de la fronti\u00e8re allemande, il leur r\u00e9v\u00e9la son nom, Alfred Bonsen, et demanda \u00e0 \u00eatre conduit \u00e0 un officier commandant. Dans son sac, il avait un changement de v\u00eatements, une grande somme d\u2019argent en trois devises et une lettre adress\u00e9e \u00e0 un fonctionnaire du Foreign Office \u00e0 Londres. Lorsqu\u2019il avoua sa v\u00e9ritable identit\u00e9, les Am\u00e9ricains le remirent aux Britanniques, qui le transf\u00e9r\u00e8rent \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre \u201cLondon Cage\u201d, un \u00e9tablissement \u00e0 Kensington pour l\u2019interrogatoire des prisonniers de haute importance.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"639\" height=\"527\" src=\"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/transstation.jpg\" alt=\"Franciszek Honiok : Le Sacrifice Humain Qui a D\u00e9clench\u00e9 la Seconde Guerre Mondiale\" class=\"wp-image-4016\" srcset=\"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/transstation.jpg 639w, https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/transstation-300x247.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 639px) 100vw, 639px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Les Britanniques \u00e9taient s\u00e9v\u00e8res avec Naujocks. Bien que ses interrogateurs conc\u00e9dassent qu\u2019il \u00e9tait une \u201cmine d\u2019or d\u2019informations\u201d, lou\u00e8rent sa \u201cv\u00e9rit\u00e9 et sa franchise\u201d et not\u00e8rent avec admiration qu\u2019il ne demanda jamais de march\u00e9, ils \u00e9taient n\u00e9anmoins accablants dans leur \u00e9valuation de lui. C\u2019\u00e9tait, dirent-ils, un \u201csadique eff\u00e9min\u00e9\u201d, un \u201ctueur sans honte\u201d et un \u201cmeurtrier insensible\u201d qui \u00e9tait \u201ccapable de toutes les manigances\u201d, un homme qui \u201cserait pr\u00eat \u00e0 vendre sa propre m\u00e8re.\u201d Au mieux, r\u00e9sum\u00e8rent-ils, c\u2019\u00e9tait un l\u00e2che ; au pire, il \u00e9tait engag\u00e9 dans \u201cun autre complot diabolique.\u201d Le rapport conclut sobrement que \u201ccet homme doit certainement \u00eatre mis \u00e0 mort.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Et, lorsque les Britanniques eurent fini de tirer des informations de Naujocks, c\u2019est ce qu\u2019ils avaient en t\u00eate pour lui. Le 31 ao\u00fbt 1945\u2014six ans jour pour jour apr\u00e8s l\u2019op\u00e9ration de Gleiwitz, et presque quatre mois apr\u00e8s la fin de la guerre\u2014ils transf\u00e9r\u00e8rent Naujocks dans la zone d\u2019occupation am\u00e9ricaine en Allemagne, o\u00f9 il fut de nouveau interrog\u00e9, ses affidavits transcrits pour une utilisation ult\u00e9rieure lors des proc\u00e8s de Nuremberg. Naujocks ne t\u00e9moigna cependant pas \u00e0 Nuremberg ; les Am\u00e9ricains le remirent plut\u00f4t au Danemark, qui le jugea pour crimes de guerre aux c\u00f4t\u00e9s de nombreux anciens dirigeants de la SS et de la Gestapo. Condamn\u00e9 \u00e0 15 ans en 1949, il ne passa \u00e0 peine qu\u2019une ann\u00e9e dans une prison danoise avant d\u2019\u00eatre expuls\u00e9 vers l\u2019Allemagne. L\u00e0, il disparut dans l\u2019obscurit\u00e9 de l\u2019apr\u00e8s-guerre, vivant \u00e0 Hambourg sous un faux nom.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce moment-l\u00e0, Naujocks \u00e9tait \u00e0 peine rappel\u00e9. Comme Franciszek Honiok, il \u00e9tait devenu une note de bas de page dans l\u2019histoire plus large de la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu\u2019il mourut en 1966 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 54 ans, tout ce qu\u2019il laissa derri\u00e8re lui fut une biographie haletante de 1960 par un journaliste et historien autrichien, G\u00fcnter Peis, qu\u2019il avait rencontr\u00e9 lors des proc\u00e8s de Nuremberg. Naujocks \u00e9crivit la pr\u00e9face. Elle commence ainsi : \u201cJe suis l\u2019homme qui a commenc\u00e9 la guerre.\u201d<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi du 31 ao\u00fbt 1939, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re polonaise dans la ville allemande&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4017,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_daextam_enable_autolinks":"","ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[56,46],"tags":[],"class_list":["post-4013","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire","category-seconde-guerre-mondiale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4013","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4013"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4013\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4018,"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4013\/revisions\/4018"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4017"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4013"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4013"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.factnest.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4013"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}